escarpinsAujourd’hui,  je mesurais un mètre quatre-vingts. Voire quatre-vingt-deux. Ma taille réelle plus près de dix centimètres de talons.

Mesurer un mètre quatre-vingts c’est bien, un peu douloureux au début mais cool.

Quand vous faites un mètre quatre-vingts, dans le métro, votre tête n’arrive pas au niveau des aisselles de tous les visiteurs de Batimat, et ça c’est un gros avantage. (En vrai, aujourd’hui, ils sont partis, le salon est fini mais rétrospectivement c’est bien).

Quand vous mesurez un mètre quatre-vingts vous pouvez enfin imaginer être une top-model. Quand vous mesurez un mètre quatre-vingts, vous avez près d’un mètre de jambes. ça ne change pas la vie, mais ça fait plaisir.

Quand vous mesurez un mètre quatre-vingts vous êtes plus grand que beaucoup de gens. Et c’est très marrant.

Quand vous mesurez un mètre quatre-vingts, rien n’est à la même hauteur que d’habitude, c’est perturbant. Les miroirs de ma salle de bains sont trop bas pour me maquiller correctement. Le lavabo aussi pour me laver les dents. Tout est décalé, j’ai passé la journée à tout faire tomber.

Quand vous mesurez un mètre quatre-vingts, vous comprenez enfin pourquoi les jeans Zara sont si longs et vous vous réjouissez de ne jamais avoir cousu d’ourlet. Vous pouvez enfin déplier le revers que vous aviez tir-bouchonné tant bien que mal. Et même, le jean est plus foncé à cet endroit là.

Quand vous mesurez un mètre quatre-vingts, le soir, en rentrant chez vous, vous n’avez qu’une envie : redescendre à un mètre soixante-douze.

Quand vous avez passé le cap de mesurer un mètre quatre-vingts toute la journée, vous vous prenez à rêver sur toutes sortes de chaussures haut perchées : (je voudrais que les dernières existent en rose…)

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